lundi 15 avril 2013

Manger des œufs, une pratique pas si anodine !


Tract largement inspiré de celui d'Un Réseau Antispéciste de Lyon est disponible aux Editions Tahin Party, "Pourquoi ne pas consommer d'oeufs?" Caractéristique : brochure de 4 pages A5 n/b téléchargeable en pdf 



Il y a 55 millions de poules pondeuses exploitées et tuées en France chaque année. Les œufs en vente dans le commerce proviennent de trois types d’exploitations : les élevages  « en batterie » produisent à eux seuls 93 % des œufs consommés en France ; le reste vient des élevages dits «plein air» (les œufs « bio », souvent), puis, en infime proportion, des élevages dits « libre parcours ».

► Les « batteries »

Les poules vivent jusqu’à 6 ou 7 par cage grillagée, inclinée afin de faire glisser les œufs vers l’extérieur. L’espace dont dispose la poule durant toute sa vie ne dépasse pas 550 cm². Par dizaines de milliers dans un hangar éclairé, elles ne verront jamais le soleil, ni ne connaîtront le repos d’une nuit sombre et calme. Le surpeuplement, le vacarme et la lumière perpétuels les empêchent de dormir et les rendent folles, les amenant à  s’automutiler et à s’attaquer entre elles. Les blessures et la saleté ambiante (les cages ne sont pas nettoyées plus d’une fois l’an) provoquent de très nombreuses infections et maladies.
Chaque jour, des brouettes de cadavres sont donc retirées de ces hangars où les éleveurs n’entrent qu’en combinaison et intégralement masqués. Ne pouvant garder longtemps un rythme de ponte effréné, devenues moins rentables, elles sont tuées à 18 mois (alors qu’elles pourraient vivre 10 ans) sans avoir jamais pu marcher, courir, étendre leurs ailes, gratter et picorer la terre ou nicher.
Par ailleurs, pour limiter les « accrochages » dus à la surpopulation, les producteurs atrophient couramment les becs (épointage), voire, éliminent carrément becs et ongles (« débecquage » et « désonglage » s’effectuent parfois au fer rouge, mais sont interdits dans le cas des labels), causant de vives souffrances et parfois de longues agonies. Enfin, le transport et l’abattoir sont généralement un calvaire : os brisés à la prise, déshydratation dans les camions pendant les heures de trajet, non-étourdissement accidentel suivi d’ébouillantage à vif, etc.

► L’élevage en « plein air »

La densité, bien moindre, reste le plus souvent quand même effroyable. Élevées toujours en hangar, l’accès à l’extérieur peut être refusé pendant les six premières semaines.
Malgré la rotation imposée des parcours, il ne reste de toute façon bien souvent plus un brin de végétation. Dans les pires des cas, les poules n’ont d’autres possibilités pour se dégourdir que de marcher à la queue leu leu dans un étroit couloir grillagé. Les exploitants bénéficient néanmoins de la pompeuse appellation « élevées en plein air » et axent leur propagande sur des poules «heureuses», avec photo d’une belle poule seule dans un immense champ de verdure !

► L’élevage en « libre parcours »

On parle de « système extensif » : les milliers de poules dans un hangar ont accès à un terrain recouvert en partie de végétation.
Le bonheur ? Non. Toute exploitation considère toujours les animaux comme des objets. Ainsi, ces variétés de poules sont sélectionnées sur le taux de ponte, et non de croissance de chair : de ce fait, dès l’éclosion les poussins mâles sont automatiquement exterminés parce que, ne pouvant pondre, ils ne sont pas non plus rentables pour la production de chair. Ils seront collectivement gazés ou bien électrocutés, étouffés dans des sacs ou encore écrasés sous un rouleau compresseur.

L’éthique
Si manger « du » poulet signifie devoir le faire tuer, manger un œuf n’est en revanche pas injuste en soi. Fécondé ou non, l’œuf ne ressent évidemment rien, n’a pas de projets, et ne sera donc pas lésé.
Mais cet œuf provient de l’exploitation d’une poule et indirectement de la mort de poussins (qui serviront à nourrir les visons d’élevage notamment)  qui, pareillement à nous autres humains, sont sentients. Sensibles au plaisir et à la souffrance, la poule et le poussin ont  aussi des intérêts fondamentaux comme celui de vivre et de vivre libres. Ces intérêts devraient primés quand ils sont mis en balance avec notre besoin si secondaire de consommer des œufs 
Voilà pourquoi nous refusons de consommer des œufs et que nous vous invitons à faire de même.
Pour des raisons similaires, nous refusons  aussi la viande, « le » poisson, le cuir, les laitages et toutes formes  d’exploitation animale.
Heureusement, aucun aliment d’origine animale n’est indispensable (les végétaliens doivent veiller à leurs apports en vitamine B12). Si nous voulons un monde meilleur, cesser de consommer des produits animaux est la première chose à faire : il n’est pas de pratiques que nous puissions si aisément changer et qui aient immédiatement d’aussi importantes conséquences pour un si grand nombre d’individus.
Il ne s’agit pas uniquement d’une question individuelle : c’est notre société tout entière qui doit se remettre en question et de toute urgence. Nous sommes un mouvement pour l’égalité : nous voulons que cesse le mépris et que l’on prenne en compte de façon égale les intérêts fondamentaux des uns et des autres, quels que soient leur sexe,  leur race, mais également quelle que soit leur espèce !