dimanche 24 novembre 2013

Qu'en est-il de la lutte contre la chasse? ??


Vers une utopie salutaire !!
Le milieu animaliste est scindé en deux camps antagonistes: les welfaristes, néo-welfaristes d'un côté et les abolitionnistes, végans, antispécistes de l'autre côté.
Francione, leader, et philosophe du véganisme donc de l'abolitionnisme de toute exploitation animale, se montre très critique à propos des actions menées par  des associations à visée welfariste ( pour le bien-être animal uniquement et ne remettant pas en question leur exploitation). Nous n'allons pas revenir sur ce point et si vous ne le connaissez pas, nous vous invitons à découvrir son site.
Or, le problème de la chasse semble désintéresser les végans qui laissent ainsi  ce point aux bons soins d' associations anti-chasse  qui, même si elles ont une visée abolitionniste, ne mettent rien en œuvre dans ce sens, préférant remettre cette revendication à une période future et lointaine selon eux plus propice.
Ainsi certaines font des procès qu'elles gagnent d'ailleurs relativement souvent contre les préfets ne respectant pas scrupuleusement la liste des espèces "nuisibles". Même si elles s'en défendent, force est de constater qu'elles admettent implicitement que des animaux puissent être classés comme nuisibles. Il faut traduire « nuisible aux activités humaines » car aucun animal n'est nuisible dans la nature.
D'autres se limitent à des débats avec les chasseurs portant sur les dates d'ouverture et de fermeture et, de ce fait, reconnaissent plus ou moins la légitimité de ce « loisir ». Ces associations admettent donc la chasse comme une pratique justifiable pour laquelle les chasseurs n'auraient  à se plier qu'à certaines contraintes : d'ordre biologique  (période de nidification notamment), ou encore d'ordre quantitatif ( respect des quotas d'animaux "à tuer") !
Bien sûr et quand même, il faut noter que certains luttent contre des types de chasses particulièrment horribles et cruelles comme la chasse à courre et le déterrage, Droits des Animaux s'étant même singularisé dans le sabotage de chasses.
Mais, on peut constater que d'une façon générale, la remise en question de la chasse n'est pas faite explicitement et les associations ne basent pas leur argumentation sur : l'aspect éminemment spéciste de la chasse puisque considérant qu'ôter la vie à un être sentient ne pose aucun problème à la conscience collective ! Les associations contre la chasse  pensent qu'il est nécessaire d'opérer par palier. Mais de notre côté,nous croyons que c'est une erreur stratégique car cela ne permet pas d'aborder les vraies questions, celles, fondamentales, tournant autour du spécisme.
Certes, on peut se réjouir de cette manifestation pour l'abolition de la chasse qui a eu lieu le samedi 21 septembre 2013  à Paris. « Enfin ! », pourrait-on dire, en écoutant Gérard Charollois de la CVN qui a fait de la lutte contre la chasse un de ses combats, « Enfin !», quand il nous explique dans une élocution que cela fait 30 ans qu'il milite contre la chasse. Mais pourquoi donc avoir attendu 30 longues années  pour qu'une manifestation abolitionniste  ait ENFIN ! Lieu ??? A côté de cette manifestation bien tardive existait déjà depuis deux années notre association «  Leur Vie Ne Nous Appartient Pas »qui inscrivait tout naturellement l'abolition de la chasse dans ses Manifestations Mensuelles Pour La Libération  Animale Et Humaine. Malheureusement, nous n'avons pas l'aura d'un Charollois par ailleurs partisan de la consommation d'une viande dite « heureuse » provenant d'animaux étourdis avant d'être occis à l'abattoir !
Il assure d'ailleurs au cours de ce discours avoir reçu la promesse de la députée écologiste, Laurence Abeille d'être reçu en son cabinet. Nous espérons qu'ils aborderont bien l'abolition de la chasse plutôt que des mesures dérisoires et contre-productives comme les dimanches sans chasse !
En effet, l'abolition de la chasse permettrait la fin de certaines pratiques spécistes dont nous allons tenter de dresser une liste.
1) Tout d'abord, et nous l'avons vu, il s'agit de tuer  des animaux pour le plaisir de tuer ou de les  laisser souffrir de leurs blessures dans nombre de cas. Ce plaisir, cet instinct du meurtre gratuit, c'est-à-dire jamais en cas de légitime défense ou d'une impérieuse nécessité, loin d'être condamné par les pouvoirs publics, par la société même est vivement encouragé. Il faut dire que les chasseurs sont omniprésents dans toutes les sphères politiques, des conseils municipaux dans les villages jusqu'à l'Assemblée Nationale, le Sénat ou les ministères !
2) Ils savent aussi fort bien s'attirer la sympathie d'une population campagnarde souvent habituée à tuer poules, lapins et pigeons et à conduire veaux, vaches, brebis etc à l'abattoir en proposant des lotos ou des belotes ou les prix sont forcément des morceaux de cadavres d'animaux auxquels ils auront préalablement ôté la vie.
3) Les chasseurs n'ont de cesse de nous dire qu'ils agissent en régulateurs pour le bien de la nature.
A cela deux remarques:
-d'une part,  la nature est bien capable de se gérer toute seule dans des conditions certes et malheureusement violentes comme la prédation, les maladies décimant les plus faibles ou non-violente par une auto-régularisation des naissances si un territoire donné ne peut offrir de ressources alimentaires suffisantes.
- d'autre part, les chasseurs confondent la notion de protection de la nature avec la notion de protection des activités rurales humaines. Ils mettent l'accent sur telles ou telles espèces animales qui de par leur nombre trop important provoquent ou provoqueraient des dégâts notamment sur les cultures. Certes, on peut facilement imaginer qu'il ne doit pas être plaisant pour un agriculteur de voir son champ saccagé par un troupeau de sangliers. Mais dans ces cas, le problème n'est envisagé que d'un point de vue de«l' intérêt humain »  et jamais d'un point de vue des «  intérêts fondamentaux des animaux » comme celui de pouvoir vivre dans un espace défini qui leur a été souvent volé par l'homme. Il faudrait donc apprendre plutôt à mieux partager l'espace terre en réduisant d'une part notre démographie - les chasseurs justifient le meurtre d'animaux au prétexte de leur nombre élevé alors que c'est bien l'espèce humaine qui est l'espèce la plus prolifique - et, d'autre part, en sachant restreindre autant que possible l'espace que nous occupons.
Mais il s'agit là d'une remise en cause de notre société, remise en cause forcément impopulaire, à moins qu'une éducation à l'antispécisme ne soit faite de par ce monde éminemment carniste. En effet, plutôt que de savoir se remettre en question, il est plus facile de laisser le soin à des chasseurs, que l'on ne manquera pas de critiquer par ailleurs, de faire leur sale besogne qu'ils accomplissent de bonne grâce !
Une diminution de la population humaine contribuerait à une diminution de l'espace occupé par ce dernier, sans oublier l'aspect écologique indéniable puisque cela générerait forcément moins de pollution, moins de matières premières utilisées etc. Concrètement en terme de réduction d'espace, on parle bien sûr de l'habitat, villages et métropoles dont les centres commerciaux et les centres industriels mais aussi les champs, les exploitations forestières.
4)Ainsi, nous pourrions réduire la superficie de certains jardins de particuliers qui sont autant d'espaces verts uniformes, souvent du gazon ou bien encore réduire le nombre et la surface des stations de skis. Si la notion de loisir est certes importante pour l'humain, cela ne doit pas se faire au détriment d'espèces animales qui voient leurs biotopes se réduire à cause de ce genre d'activité humaine ! Entre nos loisirs et la mort bien souvent de ces animaux il ne devrait pas être difficile de faire un choix si nous avons un peu de compassion et d'éthique.
La suppression des élevages en prairie, non pas bien sûr au profit de l'élevage industriel que chacun s'accorde à condamner, serait une mesure aussi salutaire tant pour les animaux dits d'élevage que pour les animaux sauvages qui pourraient retrouver et partager un espace que nous leurs avons volé depuis des millénaires.
En supprimant les élevages tant industriels qu'en prairie, nous n'aurions plus à occuper des terres pour produire des céréales permettant de nourrir ces animaux. Nous n'aurions donc plus à nous préoccuper de certains prédateurs, comme le loup, qui faute de mieux, s'en viennent à égorger brebis et moutons qui sont, de toutes façons, destinés à mourir à l'abattoir !
Il s'agit donc bien d'apprendre à mieux partager notamment en préservant des zones sauvages où aucune activité humaine ne serait tolérée, où la faune pourrait s'épanouir. Après tout, aujourd'hui nous nous sommes emparés de  l'immense majorité de l'espace terre pour notre plaisir égoïste !
On le voit, l'abolition de la chasse permettrait de mettre en pratique un vaste chantier, modifierait profondément  notre rapport aux vivants et surtout aux êtres sentients, rapport basé aujourd'hui sur l'égoïsme et le mépris des humains vis à vis des animaux non-humains. Depuis longtemps, l'Homme s'est auto-proclamé « espèce supérieure » et s'octroie toutes sortes droits sur les animaux qui ne peuvent se défendre. Une ère nouvelle,  basée sur la compassion, basée sur le refus réel de toutes les discriminations : raciste, sexiste ET spéciste, cette ère nouvelle est à notre portée; il suffit juste d'un peu de volonté et d'amour ! Nous n'avons rien à perdre, bien au contraire, et eux, victimes de si longtemps, tout à gagner !!